Pourquoi avoir choisi l’autoédition ?

Encore une question que l’on me pose fréquemment depuis que j’ai sorti mon roman ! Comme c’est un débat qui m’a occupé les méninges pendant plusieurs mois avant de me lancer, je pense qu’il est intéressant de donner les raisons de mon choix, ne serait-ce que pour ajouter une voix à ce débat.

Après avoir réfléchi à la question, j’ai opté pour l’autoédition sans tenter la publication à compte d’éditeur. Je n’ai contacté aucune maison d’édition, ni envoyé aucun manuscrit. Je n’ai rien contre les éditeurs, j’imagine que ce doit être agréable d’être aidé et soutenu par des professionnels du livre. Les raisons de mon choix sont pragmatiques et personnelles. Je vais détailler les trois points principaux qui m’ont aidée à prendre la décision d’opter pour l’autoédition.

1. Je manque de connaissances

Tout d’abord, je suis partie d’un simple constat : je suis une inconnue et l’édition n’est pas mon domaine professionnel. J’ai certes pu bénéficier de l’expérience de mon père (Alain Roquefort gagnant du prix Femme Actuelle 2014 avec son roman Sous le velours, l’épine) mais comme moi, il a d’abord écrit et s’est ensuite confronté au monde de l’édition sans connaissances préalables. Or, dans ce milieu comme dans tout autre, quand on est inconnu, il faut faire ses preuves !

J’avais écrit un roman, mais à part mon père, je ne connaissais ni le métier, ni le milieu. J’en ai conclu que j’étais au niveau zéro puisque je suis convaincue que, quelle que soit l’activité dans laquelle on veut se lancer, il faut un minimum de connaissances (du sujet et / ou des personnes capables d’aider à la réalisation de celui-ci).

Dans la situation où je me trouvais, je partais avec un gros handicap et, soyons réalistes, les exemples à la J.K. Rowlings ne courent pas les rues ! Mes chances de succès pour obtenir une publication en envoyant un manuscrit parmi tant d’autres me semblaient à la fois très minces et trop dépendantes du facteur chance. Si certains sont prêts à remettre leur destin dans les mains du hasard, ce n’est pas mon cas.

D’autre part, je me voyais mal rester des mois à attendre des réponses de la part de comités de lecture sûrement débordés, et j’avais surtout peur de me décourager. C’est sans doute un manque de confiance, mais c’est une donnée de l’équation qu’il me fallait prendre en compte… Je doute souvent et encore plus quand je ne connais pas bien le sujet, il m’était donc difficile de faire un pari sur l’avis des maisons d’édition sur mon roman.

J’ai préféré opter pour l’action et me lancer en partant du principe que si je voulais que mon livre soit publié, je devais le faire moi-même. Et en devenant mon propre éditeur, agent littéraire, etc. j’allais forcément mieux comprendre de quoi il s’agit. C’est peut-être un pari fou, mais je ne le regrette pas ! En revanche, je n’avais pas conscience de toutes les tâches que ce choix impliquerait, et à ce jour je ne pense être loin d’en avoir fait le tour !

La leçon majeure que j’ai tirée de mon expérience est que la communication est essentielle pour la sortie d’un roman et que, contrairement à ce que j’ai fait, il faut commencer en amont ! J’apprends et j’espère faire mieux pour mon prochain roman…

2. J’écris plusieurs styles de romans

Mon roman (Pour un oui, pour un nom) décrit les aventures d’un trio d’amies trentenaires dans leurs relations amicales et amoureuses. Je le classerais dans la catégorie chick-lit, sans être tout à fait certaine puisqu’il est écrit à la troisième personne et qu’on ne suit pas un seul personnage. J’ai toujours trouvé difficile de catégoriser des œuvres (musicales, littéraires, etc.) ça n’a pas été plus facile pour mon propre roman ! Je me suis dit que puisque le ton est léger, qu’il y a des histoires d’amour, on est donc en plein dans le registre de la comédie romantique.

J’ai commencé à me renseigner sur les maisons d’éditions spécialisées dans la littérature sentimentale… et j’en ai trouvé beaucoup ! Nombreuses sont celles qui annoncent sur leur site que leur planning de publication est bouclé pour l’année, voire les deux années à venir ! Les conditions d’acceptation pour un manuscrit sont différentes d’un éditeur à l’autre, la façon de communiquer varie aussi, bref je me suis vite sentie perdue dans une masse d’informations contradictoires…

Si je n’ai pas poussé plus avant mes recherches, c’est tout d’abord parce que je n’écris pas qu’un seul genre et qu’il est difficile de changer de catégorie si on est estampillé « comédie romantique ». Mon prochain roman est une dystopie, genre très différent, je touche aussi à la fantasy et à l’anticipation, ce qui implique que je devrais changer de maison d’édition (ou de collection) pour chaque nouveau roman… Je trouvais déjà qu’il est difficile de trouver un éditeur, que dire s’il me fallait en trouver un nouveau à chaque publication ?

Cet argument a largement plaidé en faveur de l’autoédition, car elle permet de développer une image d’auteur plutôt que d’essayer de coller à une ligne éditoriale. L’idée de se lancer en se concentrant sur ce que j’avais envie d’écrire m’a aussitôt séduite.

3. L’autoédition est en pleine évolution !

Je suis une lectrice invétérée, j’ai lu des romans provenant de dizaines de maisons d’édition ou des romans indépendants et j’ai constaté qu’il y a des écrits de qualité dans les deux catégories. L’idée reçue selon laquelle les romans autoédités sont les rebuts des éditeurs, et donc de piètre qualité, me semble complètement fausse, surtout parce de nombreux auteurs indépendants font de l’autoédition leur premier choix.

J’ai lu des articles expliquant pourquoi ils ne souhaitaient pas être publiés par une maison d’édition. Leurs raisons sont multiples : envie de liberté, désir de garder le contrôle de leurs œuvres, refus de se voir imposer certaines règles ou encore pour en faire leur activité professionnelle principale et gérer seuls leurs droits d’auteurs (plus importants puisque l’auteur endosse aussi le rôle d’éditeur).

Certains sont des auteurs mixtes, c’est-à-dire qu’ils ont des romans édités et d’autres autoédités. D’autres ont même fait le choix de quitter leur maison d’édition pour reprendre le contrôle de leur œuvre. Dans cette catégorie je citerai Maliki qui tient un superbe webcomic et a sorti des livres depuis 2007. Le succès était là, mais l’auteur ne parvenait pas à vivre de ses créations. Il a fait le choix audacieux de quitter sa maison d’édition pour se mettre à son compte en expliquant sa démarche à ses lecteurs… qui sont toujours là.

Tous ces comportements aident les mentalités à évoluer, et désormais de nombreux chroniqueurs affichent leur soutien aux indépendants avec cette bannière sur leur site ou blog :

Ils ont compris que l’autoédition n’est pas un choix par défaut et ont décidé de soutenir les auteurs indépendants.

Cette tendance semble encourageante. Et en ayant vu ce que font d’autres auteurs autoédités (vidéos, conseils, etc…), je trouve que leur approche semble plus « artisanale », car ils ne disposent pas des mêmes moyens que les maisons d’édition, mais ne manque pas de créativité et de bon sens ! J’ai puisé de nombreuses astuces dans leurs publications, et je me reconnaissais davantage dans leur démarche. Alors j’ai décidé de faire comme eux !

Pour conclure, je voudrais insister sur le fait que l’autoédition n’a pas été un choix par défaut, j’ai estimé qu’il me convenait mieux au moment où je me suis lancée. Je n’exclus pas de faire appel à une maison d’édition pour un prochain roman, parce que l’autre volet de l’aventure me semble également intéressant. Pour le moment, je trouve mon expérience très enrichissante, même si je suis confrontée à des tâches et des défis que je n’avais pas envisagés en écrivant mon roman.

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