Bilan personnel de l’année 2020Bilan personnel de l’année 2020

Cette année 2020, que certains ont qualifiée d’annus horribilis en référence à un célèbre discours de la reine Elizabeth II, a représenté pour moi l’année de l’adaptation. Je ne suis certainement pas la seule dans ce cas, la situation sanitaire nous a forcés à aller chercher au plus profond de nous des ressources que nous ne soupçonnions pas. C’est la grande leçon que je tire de ces expériences inédites. Et de façon plus anecdotique, celle de ne prendre aucune résolution puisque je n’ai pas pu tenir la mienne, c’est-à-dire rendre visite à mes amis anglais…

Cet article servira à vous résumer ce que j’ai vécu pendant ces douze derniers mois et vous expliquer pourquoi l’Angleterre m’a bien occupé l’esprit !

En 2020 j’ai écrit le roman que j’avais en tête depuis bien longtemps…

Pour ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux, certaines informations ne seront pas nouvelles, mais je voudrais y apporter une lumière plus personnelle.

1. L’année où j’ai occupé trois postes différents dans la même société !

Début 2020, j’enseignais l’anglais technique au sein du Lycée Airbus. Je m’y plaisais, mais je suis sensible au bruit et j’étais exposée à des niveaux sonores importants en atelier. Malgré les protections adéquates, je souffrais d’acouphènes, souvent du lundi au vendredi.

Même au lycée, l’année était sous couleurs britanniques !

En janvier, j’ai pris la décision de changer de poste pour préserver mes oreilles. J’ai passé des entretiens (dont le dernier le 12 mars) et j’ai été sélectionnée en ressources humaines. J’étais ravie de cette perspective !

Puis il y a eu le confinement…

Je l’ai vécu comme un choc, car je faisais partie des sceptiques. Je ne cessais de me répéter que même en temps de guerre, les écoles avaient maintenu l’enseignement. Et pourtant, le lendemain de mon entretien, j’ai eu la stupeur d’entendre le directeur d’établissement nous annoncer qu’à l’instar de tous les groupes scolaires de France, nous allions fermer jusqu’à nouvel ordre. Après le premier moment d’effarement, nous avons dû nous accommoder de la situation, apprendre à travailler depuis chez la maison. Les élèves ont trouvé la plateforme adaptée à nos activités et nous ont ainsi fourni une aide précieuse. J’ai découvert comment réaliser une vidéo avec les supports de cours ou comment animer des séances à distance… Toutes ces choses que je jugeais impossibles quelques semaines plus tôt sont devenues banales pendant ces deux mois.

Une fois déconfinée, j’ai basculé sur mon nouveau poste. Mes nouvelles attributions ne correspondaient pas à celles décrites pendant l’entretien, car la société avait subi la crise de plein fouet et préparait un plan social. Au lieu d’aider sur le recrutement, j’allais travailler sur des tâches moins réjouissantes !

Mon service allait aussi être impacté par les réductions d’effectifs. J’en ai vite conclu qu’il serait plus facile pour moi que pour mes collègues de changer à nouveau d’emploi. Je n’ai aucune formation en RH, mais j’ai occupé des postes d’assistante, ce qui me permettait de prendre la place de quelqu’un qui partait en retraite anticipée. C’est ce qu’il s’est passé finalement, j’ai donc pris mes nouvelles fonctions début décembre, et je suis heureuse du changement.

2. Adaptation

Puisque je viens d’évoquer ma situation professionnelle, je ne peux pas passer sous silence les nombreux efforts que j’ai déployés au sujet des environnements informatiques. Au lycée, j’étais habituée à travailler avec le pack Office et en juin, j’ai basculé sur G-Suite… sans formation et comme certains collègues pratiquaient déjà depuis plusieurs mois, je m’y suis mise à marche forcée. Dans un nouveau département, on utilise des logiciels ou applications spécifiques. J’ai appris à m’en servir et je commençais à me sentir à l’aise quand il a fallu changer encore. Et en reprenant un emploi d’assistante, je pensais retrouver des outils connus, mais en quatre ans, ils avaient tous été remplacés… Je me suis à nouveau retroussé les manches ! Bref, j’ai accueilli les vacances avec gratitude !

Première date à être annulée, celle que je devais faire avec mon père…

En ce qui concerne mes activités d’auteure autoéditée aussi, cette année a été difficile. J’avais prévu des dates de dédicaces ou des salons du livre qui ont tous été annulés. Pas de rencontre avec des lecteurs ou avec d’autres auteurs… J’en étais triste, mais je ne me suis pas lamentée, car cela n’aurait pas amélioré la situation. Je me suis concentrée sur les réseaux sociaux afin de maintenir un lien. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour compenser. J’ai vu que certains écrivains organisaient des sessions en live sur Facebook, mais je ne me sens pas à l’aise dans ce genre d’exercice et je ne suis pas certaine que ma vie quotidienne passionne les foules… à moins de réaliser une série de vidéos sur les bêtises de mon chat, là je suis sûre de trouver un auditoire !

Encore une annulation… à ce moment-là j’ai décidé d’attendre 2021.

Dès le début de cette crise, j’ai pris le parti de me plier aux nouvelles règles parce que je ne voulais pas transmettre ce virus si quelques précautions permettaient de l’éviter. Je dois néanmoins avouer qu’après des mois de masque, de couvre-feu, de confinement et de télétravail, j’ai envie de sortir mon révolver quand on me parle de résilience ! Je rêve du moment où nous pourrons nous promener librement à toute heure, le visage nu, aller au restaurant ou au cinéma… Mais là aussi, il faut s’adapter et je pense que notre patience sera encore sollicitée en 2021.

3. Le confinement

Voilà une situation que je n’avais imaginée dans aucun de mes délires les plus fous, et pourtant nous y avons été confrontés sans préparation !

Pendant le premier confinement, j’ai pu constater qu’en n’étant pas exposée à des sources de bruit, mes acouphènes s’étaient tus. Quel soulagement ! Je me sentais en meilleure forme, mais j’étais bloquée chez moi. J’ai dû annuler le voyage en Angleterre que je prévoyais depuis le 1er janvier, pour aller rendre visite à mes amis anglais… C’est pour « meubler » mes vacances de Pâques que je me suis lancée dans un pari un peu fou puisque je ne savais absolument pas si j’en étais capable : celui d’écrire 45 000 mots en un mois. Je n’avais jamais compté ce que j’écrivais auparavant, je n’avais donc aucune idée de la faisabilité de mon objectif.

Bilan chiffré de mon challenge d’avril.

Mon but caché était de m’occuper l’esprit, de m’évader sans quitter mon appartement. Puisque je venais de commencer les Filles de Courtman House, dont l’intrigue se situe en Angleterre, c’était un moyen de compenser l’annulation de mon voyage. Très vite, j’ai excédé le quota quotidien, et à mi-parcours j’ai passé l’objectif à 60 000 mots ! À la fin du mois d’avril, ravie du rythme que j’avais adopté, j’ai décidé de continuer en mai et j’ai fini le premier jet. J’ai éprouvé énormément de plaisir lors de cette expérience : j’étais plongée dans mon intrigue, sans distractions extérieures et sans obligations professionnelles pendant quinze jours, j’avais toute latitude pour m’immerger dans mon histoire ! J’ai remarqué qu’en procédant ainsi, je n’avais pas besoin de relire constamment, contrairement à ce que je fais quand j’écris à intervalles moins réguliers.

Je n’avais jamais cru pouvoir écrire un roman en deux mois, et pourtant…

Parallèlement à l’écriture, je me suis prise au jeu de la reproduction de tableaux en photo. Je me suis focalisée sur des œuvres dans lesquelles on voit une personne et un livre (et quand ce n’était pas le cas, j’ai ajouté lé mien !). Le résultat de mes tentatives est sur mon compte Instagram. Le but était de m’approcher de l’original avec les moyens du bord. J’ai pris ces photos avec le retardateur, ce qui ne me laissait que 10 secondes pour me placer ! C’est pour cela que certains clichés ont demandé des heures de préparation. J’ai dû mettre cette activité en suspens depuis le retour des vacances d’été par manque de temps, puisque j’ai dû caser deux séances de kiné par semaine pour traiter ma tendinite à l’épaule. Comme je me suis beaucoup amusée pendant cet exercice de style, je compte bien recommencer très prochainement. Au passage, j’ai découvert des artistes dont je n’avais jamais entendu parler et qui ont su me toucher.

Toutes les photos sont sur mon compte Instagram.

Pour conclure sur le (premier) confinement, je dirais qu’il a été pour moi un moyen de me plonger dans des activités créatives. Lors de périodes difficiles, c’est ma façon de trouver du positif dans des expériences parfois éprouvantes. Je pense que c’est aussi pour me préserver, car au début, je craignais d’être porteuse du virus et je me suis terrée chez moi pour épargner mes voisins. La situation était anxiogène et j’ai préféré m’évader en pensée plutôt que de me laisser gagner par la terreur. Le deuxième confinement ne m’aura pas obligé à télétravailler 100 % du temps, je n’ai pas eu cette impression de vie mise entre parenthèses.

Finalement, cette année m’aura mise à l’épreuve, j’en sors fatiguée, mais soulagée que personne de mon entourage n’ait contracté cette maladie. C’est une chance dont j’espère pouvoir profiter longtemps. Ma rééducation est terminée et le kiné m’a donné le feu vert pour reprendre mon sport favori : le volleyball ! Cela faisait presque trois ans que j’avais dû arrêter et cette nouvelle m’insuffle une incroyable bouffée d’optimisme !

Sur un plan plus général, je pense que le confinement est l’une des rares situations qu’auront connues la majorité des habitants de la planète, ce qui en fait un événement unique à plusieurs titres. Je ne sais pas si j’aurais un jour le courage d’écrire à ce sujet, mais je reconnais qu’il y a matière et je ne serais pas surprise de voir fleurir des romans d’anticipation d’un genre nouveau.

Pour finir, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année et j’espère pour nous tous que 2021 sera plus clémente que 2020 !